LES TEXTES ENVOYÉS
Parcours d'un fonfon
Témoignage
À ton arrivée, on te reconnaît comme le jeune. Ton boss t'aime parce que tu "brasses la baraque" avec ta fougue. On apprécie tes commentaires qui sont nouveaux et qui révolutionnent les standards qui perdurent depuis 15 ans. On t'envoie en perfectionnement là où personne n'est aller depuis 25 ans. À ton retour, tu constates avec effroi, que ton gestionnaire est peut-être dépassé mais tu es encore naïf.
Après un certains temps, tes commentaires semblent vouloir cibler les plus vieux de la gang qui sont sur l'air d'aller depuis 15 ans. Tu voudrais que ton boss agisse pour relancer ceux qui font passer l'organisation pour une bande de lâche. Tu voudrais changer la fonction publique mais tu veux plus que ton boss. À chaque soir en quittant le boulot, tu laisses dans ton casier, une parcelle d'espoir.
Tu n'es plus capable de fermer les yeux. À tous les jours, tu rumines l'inaction de ton boss qui commence à te considérer comme une menace. De plus, tu constates que la fonction publique est un entonnoir et que les autres jeunes, moins fougueux, passent plus facilement car ils sont appréciés pour leur aspect "low profil". Là, tu te rends compte que tes compétences vont te nuire plus que t'aider. Maintenant, quoique tu fasses, tu es catalogué.
Ça commence vraiment à se détériorer pour le jeune d'antan. D'autres jeunes entrent dans l'organisation et ton gestionnaire focus sur leur capacité. Il considère leurs commentaires productifs. Lorsque tu parles, tes commentaires, autrefois appréciés, sont maintenant une menace pour l'organisation. Tu commences à rentrer pour la paye 3 jours par semaine. Tu utilises tes maladies alors que tu n'es pas malade. Tu commences à rêver à tes vacances d'été en janvier. Tu t'assis sur ton ancienneté et tu te laisses aller avec le courant. Tu laisses les jeunes aller au "bat". Tu commences à regarder la parade. Tu évites de parler. Tu fermes ta gueule.
Tu es à l'apogée de ta carrière. Tu es maintenant un cas difficile. Ton boss te souhaite maintenant une carrière à la hauteur de ton talent dans une autre organisation. Une fois par mois, tu voudrais encore changer les choses mais après une demie heure d'ouvrage, ta volonté s'évapore. Tu préfères rester en retrait. Tu fais ton petit chiffre tranquille et tu espères ne pas croiser ton boss de la journée. Quand tu as une super idée pour l'organisation, tu essaies d'abord de l'oublier et ensuite tu la dis en hypocrite à un jeune pour qu'il la répète. Il passe pour un génie, tu rigoles dans ton coin.
Après quelques années dans la fonction publique, tu comprends maintenant les plus anciens de l'époque d'être sur l'air d'allée. On trouve que tu as l'air bête. Tu as dorénavant un dossier disciplinaire pour avoir défendu tes convictions mais tu sais que tout ça n'a finalement servit à rien. Tu trouves le privé attrayant. Tu considères que le 3/4 de tes collègues ne survivraient pas dans le privé mais tous tes avantages blindés négociés par les anciens te nuisent plus qu'ils ne t'aident. Ta sécurité d'emploi t'empêche de bouger de là, de peur de..... Finalement tu commences à haïr les anciens pour t'avoir rendu peureux dans la vie avec une convention collective aussi solide. Mais tu commences un long processus de paix et de résignation. Tu trouves maintenant normal d'être là pour le chèque de paie et tu laisses aux jeunes le soins de se pèter la gueule tout seul et de découvrir le programme d'aide aux employés....
Un fonfon sur l'air d'aller....
Afficher tous les messages |
Retour aux plus populaires